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Mimicry, mono-acte, Ottan Thullal, Kathaprasangam… Quand ces arts qui remplissent la scène de rires et d’applaudissements apparaissent devant moi, le premier visage qui s’éclaire dans mon esprit est celui d’un tout petit enfant.
Oui, beaucoup oublient cette vérité : la première salle de classe de tous ces grands arts, c’est notre propre maison. Alors, si on y pense bien, la maison n’est-elle pas le premier Kerala Kalamandalam des imitateurs?
De l’Ottan Thullal au Kathaprasangam, où commence leur programme? La toute première scène, c’est le berceau! Le festival d’art sans ticket se joue dans notre cuisine, notre chambre, notre salon. Et le public, ce sont papa, maman, et toute la famille.
Dès qu’un bébé naît dans la famille et commence à ramper, il ouvre grand la bouche en entendant le Aaa… que font son père et sa mère. Si on tape des mains, il tape aussi. Si on demande Où est Mamie? , le bébé tourne la tête, écarquille ses yeux soulignés de khôl, agite ses petites mains et ses petits pieds pour nous répondre, et cherche Mamie.
Quand, pour la première fois, il serre les lèvres et émet un mmm… , quand il appuie sa langue contre ses incisives supérieures pour articuler un da maladroit, toute la maison applaudit. Sur le moment, on ne réalise pas : nous tous, ensemble, nous préparons ce petit artiste, cette petite artiste, pour son grand début sur scène.
Puis, doucement, l’enfant se lève et commence à marcher. S’il voit son père parler au téléphone, il colle n’importe quel objet à son oreille et lance un Allô… oui… . S’il voit sa mère couper les légumes en cuisine, il attrape une cuillère, une règle, un crayon ou un jouet et l’imite. Il ira même jusqu’à reproduire les expressions du présentateur du journal télévisé.
Quand il imite quelqu’un qui chante ou qui danse, on rit, on lui demande de recommencer. On applaudit, on l’encourage, on filme. Ces rires et ces applaudissements sont son premier cachet, son premier encouragement.
Voilà la leçon d’initiation à l’art de l’imitation. Quand un grand imitateur change cent fois de voix sur scène, qui en a semé la graine? Cet instant où, en montrant le corbeau s’est envolé avec la main, l’enfant a fait exactement pareil.
La base de l’artiste de mono-acte qui incarne dix personnages à lui seul, c’est cette malice d’enfant qui, à la maison, imitait la démarche de son père, le rire de sa mère, les pleurs de son petit frère, et récoltait les applaudissements.
J’ai eu cette chance, moi aussi. Mes enfants m’imitent en roulant des yeux quand on leur demande Comment papa se fâche? . Si on demande Comment Papy marche? , ils le montrent. Comment Papy t’appelle, mon fils? Et ils répondent en imitant : Pokkaran! . En voyant ça, je ne peux m’empêcher de rire.
Ne vous méprenez pas : les enfants ne se moquent pas. Ils apprennent le monde. Ils observent les autres, absorbent leurs voix, leurs gestes, leurs expressions, et les restituent à leur manière. Nous devons comprendre que c’est là le cœur même de l’art.
Aujourd’hui, mon petit-fils continue ce même jeu. Si je tousse, il tousse. Si je ris en regardant mon téléphone, il me l’arrache des mains et rit de la même façon. Si je fronce les sourcils, il fronce les sourcils. Puis il me regarde, attendant une approbation. Et quand j’applaudis, ce sourire sur son visage… il vaut un Oscar.
C’est là qu’on comprend : un artiste imitateur ne naît pas tout fait. Il naît d’abord comme un enfant. Ensuite, nous, la famille, l’entourage, nous encourageons ses imitations par nos rires. De ces rires, il tire sa confiance en lui. Et cette confiance, des années plus tard, se transforme en applaudissements sur une grande scène.
Alors la prochaine fois qu’un enfant vous imite, ne le grondez pas. Riez et applaudissez. Car sans le savoir, vous êtes en train de façonner un artiste. Peut-être le meilleur imitateur ou artiste d’Ottan Thullal de demain. L’art ne s’apprend pas que dans les livres. Il commence depuis des générations dans la cour de la maison, comme une transmission.
C’était ainsi, jusqu’à une certaine époque. Mais en arrivant au XXIe siècle?
Avec sa cour, son étable, ses rires et ses applaudissements, la maison était une vraie scène de festival! Mais quand les familles élargies se sont réduites à des familles nucléaires, quand le monde des enfants s’est rétréci entre les quatre murs des appartements en ville…
Sans personne pour applaudir, sans grand-mère pour raconter une histoire, les premières leçons d’imitation ont commencé à s’effacer de la cour.
C’est là qu’a commencé l’ère de la solitude.
Les parents, pris par le travail, et les enfants, par la lumière des écrans, se sont retrouvés isolés. Le balcon de l’immeuble est devenu la cour, et les reels du téléphone ont remplacé le Kathaprasangam !
Le téléphone, donné comme une solution de confort, est lentement devenu le maître. À force de scroller sans fin, les enfants ont oublié comment rire, jouer, et faire rire la famille en imitant.
Et si on essaie d’y mettre un frein : c’est le signe d’un mal-être.
L’usage excessif des écrans crée chez les enfants une sorte de monde sans couleurs. La patience diminue, la colère monte, le moindre caprice devient une crise !
Le petit artiste qui faisait autrefois rire toute la maison s’enferme aujourd’hui dans sa chambre, porte close, le visage plongé dans son téléphone. Ceux qui devraient récolter les applaudissements sur scène s’isolent de la vie elle-même !
Ce que je veux dire, c’est qu’il faut veiller à ce que la technologie ne transforme pas le berceau, la maison et la cour en prison.
Je dis ça parce que, quand le téléphone devient le premier monde de l’enfant pour une solution temporaire, ce qu’il perd, c’est la cour, les amis, la curiosité et sa propre imagination. Ce n’est pas un problème qui se règle seul. La famille et la société doivent agir ensemble.
Ce que les parents peuvent faire : être un modèle, tout simplement.
Évitez de rester collés au téléphone devant les enfants, ou de regarder des séries et des films sans arrêt. Imposez une règle sans écran pour toute la famille pendant les repas, les jeux et le sommeil.
Créer des limites claires :
Moins de 2 ans : pas d’écran.
De 2 à 5 ans : 1 heure par jour, et toujours accompagné.
6 ans et plus : seulement après les devoirs, le sommeil et le jeu.
Pas de téléphone ni de TV dans la chambre !
Remplacer, ne pas arracher : Si on retire l’écran, l’ennui prend sa place. Remplacez-le par des jeux en plein air, jouer dans la terre, raconter des histoires, dessiner, faire du vélo, jouer dans la cour.
En même temps, on peut autoriser un temps d’écran partagé de temps en temps : sachez ce que l’enfant regarde. Regardez avec lui et discutez. Faites-le réfléchir en demandant : Ça peut vraiment arriver, ça ?
Alors, n’ayez pas peur de l’ennui ; l’ennui est le début de l’imagination ! Si on donne le téléphone à chaque fois qu’il s’ennuie, il perdra la capacité de penser par lui-même et d’inventer des jeux.
En même temps, ce que la société peut faire :
Reprendre les terrains de jeu : Chaque association de résidents et chaque école doit garantir un espace de jeu sécurisé. Dans les appartements sans cour, il faut des salles communautaires et des bibliothèques où les enfants peuvent se retrouver.
L’implication des écoles :
Instaurer dans les écoles des journées de détox digitale, des cours en extérieur, du jardinage, des périodes d’art et de sport obligatoires. Organiser des séances de sensibilisation pour les parents.
Quand un enfant dessine, chante, raconte une histoire, nous devons applaudir. Ils doivent savoir qu’une tape sur l’épaule de papa et les applaudissements de maman valent plus que des likes !
Permettez aux groupes d’enfants d’aller jouer en sécurité dans les rues et sur les terrains le soir. Ne les enfermez pas à la maison en disant : Ne faites pas de bruit !
Et rappelez-vous : il ne s’agit pas d’éliminer la technologie, mais de la contrôler. C’est aux adultes de s’assurer que la première scène de l’enfant n’est pas un écran de 6 pouces, mais la cour sous nos yeux. Il est facile de les faire taire avec un téléphone. Mais c’est en s’asseyant avec eux pour raconter des histoires qu’on les élève correctement !
Pour amener les enfants vers le monde de la lecture et de l’écriture, pour les faire passer de la vitesse de l’écran à la profondeur des lettres, il ne faut pas forcer, il suffit d’éveiller la curiosité.
À une époque où la lecture disparaît, pour ramener les enfants vers elle, que les enfants nous voient lire. Dans une maison où papa et maman lisent, les enfants liront.
5 minutes d’histoire avant de dormir. Lisez en changeant de voix, en jouant la scène. Si l’histoire s’arrête, maintenez le suspense avec un la suite demain .
Choisissez selon l’intérêt de l’enfant : BD, conte, livres de connaissances, histoires illustrées, livres de coloriage… tout est bon. Ne dites jamais Ne lis pas ça . Une fois l’habitude de lire prise, la qualité suivra.
Essayez de garder les livres à portée de main, autant que possible. Mettez les livres à côté des jouets, pas près de la télé. Sur une étagère basse, pour que l’enfant puisse les prendre tout seul.
Une fois par mois, emmenez-le obligatoirement à la bibliothèque du panchayat ou à la bibliothèque de l’école. Faites-lui sa propre carte. Les enfants verront ça comme une reconnaissance, une fierté !
Donnez-leur une raison d’écrire. Par exemple : faire la liste des courses, écrire un mot à sa petite sœur, fabriquer une carte de vœux pour une fête. Qu’ils comprennent que l’écriture ne sert pas qu’aux notes.
En même temps, habituez-les à tenir un journal. Juste une ligne : Quand as-tu été le plus heureux aujourd’hui ? ça suffit. Ne corrigez pas les fautes, ne montrez pas les erreurs d’orthographe. Encouragez d’abord.
Comme si on racontait une histoire, commencez vous-même une phrase pour l’enfant : Un jour, un corbeau… . Laissez l’enfant continuer. Sinon, écrivez-la vous-même sur une ardoise magique.
Il va vous imiter. Et quand vous direz Good boy ! Très intelligent ! pour l’encourager, l’enfant sera encore plus inspiré !
Donnez une place au dessin et aux mots de l’enfant sur le mur de la maison. Collez-les sur le frigo. Pour eux, c’est une vraie source d’encouragement.
Faites envoyer une carte postale à Mamie, à un copain. La joie de recevoir une réponse, on ne l’a pas sur WhatsApp !
Le plaisir instantané que donnent les écrans de mobile ou d’ordinateur n’est rien à côté de la joie d’inventer sa propre histoire, de finir un livre. Une fois qu’ils ont goûté à ça, ils ne reviendront pas en arrière.
Je ne dis pas que la technologie est mauvaise, mais elle ne doit pas transformer le berceau en prison.
Le temps est venu de se rappeler que la première scène des enfants, ce n’est pas l’écran de 6 pouces d’un téléphone, mais les pièces, la véranda, la cour sous nos yeux, et nos applaudissements.
Si j’en viens à dire ça, c’est que nos Puranas nous ont enseigné que la connaissance commence dès que la vie se forme dans le ventre de la mère. L’histoire d’Abhimanyu en est un exemple.
Quand Arjuna expliquait à sa femme enceinte, Subhadra, le Padmavyuha et comment y pénétrer, Subhadra écoutait en murmurant. À un moment, Subhadra s’est endormie sans qu’Arjuna s’en aperçoive. Ce n’est qu’après avoir fini d’expliquer comment entrer dans le Padmavyuha qu’Arjuna a réalisé que Subhadra dormait, et que c’était l’enfant dans son ventre qui murmurait en l’écoutant.
Aussitôt, pour ne pas troubler le sommeil de Subhadra, Arjuna s’est arrêté sans expliquer comment sortir du Padmavyuha.
Et c’est exactement ce qui s’est passé dans la guerre du Mahabharata : Abhimanyu est entré dans le Padmavyuha dressé par l’armée des Kauravas, mais, incapable de briser l’encerclement ennemi pour en sortir, Abhimanyu fut tué.
Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cette histoire ici. Parce que, dès que l’embryon se développe dans le ventre de la mère, cet être ressent tout ce qui se passe autour de lui. Les parents doivent en avoir conscience.
Autrement dit, depuis la grossesse jusqu’à l’accouchement, et même après, les parents doivent rester vigilants à la maison : pas de disputes inutiles, pas de jalousie, pas de rancune, pas de querelles, pas de grossièretés, pas d’alcool. C’est parce que nous ne faisons pas cela que nous en subissons aujourd’hui les conséquences.
Un autre exemple est celui de Gandhari. Quand elle a vécu les yeux bandés, partageant la cécité de son mari Dhritarashtra, elle n’a pas vu l’ego, la méchanceté, l’entêtement et la rancune qui grandissaient dans le caractère de ses enfants. Au contraire, si elle avait gardé les yeux ouverts et conseillé ses enfants à chaque étape de leur croissance, ils n’auraient pas connu un destin funeste.
L’histoire d’Abhimanyu a beaucoup de leçons à offrir aux enfants d’aujourd’hui.
1. Un savoir incomplet est dangereux
Abhimanyu avait seulement appris à entrer dans le vyuha, pas à en sortir.
Aujourd’hui, les enfants regardent une vidéo sur YouTube et se lancent dans le codage, la bourse, ou des choses dangereuses. Sans apprendre les bases, sans connaître les risques, ils foncent avec le courage du je sais .
Il faut tout étudier de A à Z avant d’agir. Posez des questions. On ne doit entrer que si l’on connaît la sortie.
2. Le savoir théorique ne suffit pas, il faut pratiquer
Abhimanyu n’avait que des connaissances entendues, il ne s’était jamais exercé.
Aujourd’hui, les enfants suivent des cours en ligne, prennent des notes, mais n’essaient pas par eux-mêmes. Quand un chakravyuha arrive dans un examen ou dans la vie, ils perdent leurs moyens.
Donc, ce qu’on écoute et apprend doit être mis en pratique.
3. Le courage seul ne suffit pas, il faut aussi de la guidance
Abhimanyu avait beaucoup de courage, mais il est entré seul, sans l’aide des aînés.
Aujourd’hui, les enfants ont l’ego du je vais le faire tout seul . Ils hésitent à demander aux parents ou aux professeurs. Ils suivent les conseils d’inconnus en ligne, mais ne font pas confiance à ceux de la maison.
Donc, le courage est une bonne chose, mais il faut quelqu’un pour montrer le chemin.
4. Il faut écouter attentivement
Comme Subhadra s’est endormie, cela signifie qu’il ne faut pas dormir quand on écoute quelque chose d’important.
Si Subhadra avait tout écouté, Abhimanyu aurait été sauvé.
Aujourd’hui, les enfants sont en classe mais regardent leur téléphone, leur attention est ailleurs. Ils n’écoutent qu’à moitié. Puis, quand un problème arrive, ils disent le prof ne l’a pas dit .
Donc, quand on apprend quelque chose, il faut y accorder 100% d’attention.
5. Les vyuhas existent encore aujourd’hui
Le Padmavyuha d’autrefois, c’est aujourd’hui les jeux mobiles, l’addiction aux réseaux sociaux, les arnaques en ligne. On commence par curiosité, sans y penser, et ensuite il devient difficile d’en sortir.
Exemple : installer un jeu prend 2 minutes, mais il faut des mois pour sortir de l’addiction !
En résumé, il faut être courageux comme Abhimanyu, mais ne partir au combat qu’après avoir tout appris, comme Arjuna. Pour tout ce dont l’entrée est facile, il faut d’abord réfléchir à comment sera la sortie .
മഠത്തിൽ ബാബു ജയ പ്രകാശ്………✍️My Watsapp Contact No 9500716709